Aide alimentaire : sept entreprises s'engagent pour fournir l'équivalent de 2 millions de repas
Sept grandes entreprises agroalimentaires s'engagent à fournir, sous forme de dons ou de vente à prix coûtant, quelque 6.000 tonnes de denrées alimentaires, le tout représentant plus de 2 millions de repas distribués et une valeur monétaire de près de 3 millions d'euros. C'est ce qu'a annoncé le 15 novembre 2023 le ministère de l'Agriculture, qui indique réfléchir à une évolution de la fiscalité liée au don agricole et au don alimentaire pour la rendre plus incitative.

© Sebastien ORTOLA/REA
Sept grandes entreprises des filières agroalimentaires (Andros, Bigard, Cofigeo, Nestlé, Sodiaal, Vivescia et Panzani) se sont engagées le 15 novembre 2023 à fournir de l'aide alimentaire, sous forme de dons ou de vente à prix coûtant. Au total, ce sont plus de 6.000 tonnes de denrées alimentaires, ce qui représente l'équivalent de plus de 2 millions de repas distribués et une valeur monétaire de près de 3 millions d'euros. C'est le fruit d'un travail mené par le ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire avec les associations d'aide alimentaire et les entreprises de la production alimentaire. Une première réunion, organisée le 6 septembre 2023 et présidée par Marc Fesneau, avait déjà eu lieu pour identifier les pistes de mesures concrètes. La deuxième réunion, organisée le 15 novembre 2023, a permis de confirmer ces engagements.
Le nombre de personnes en situation de précarité alimentaire a fortement augmenté avec l'inflation, mettant sous pression les associations. Fin 2022, d'après une étude de l'Institut CSA pour les Banques alimentaires, 2,4 millions de personnes étaient dans cette situation. "Il y a eu une hausse de fréquentation des centres de distribution de 20 à 30%, donc ce sont plusieurs centaines de milliers de personnes en plus qui ont basculé dans ces situations de précarité", explique-t-on au cabinet du ministère de l'Agriculture.
Rendre plus incitative la fiscalité liée au don agricole et au don alimentaire
Parmi les engagements des entreprises : la vente à prix coûtant par Bigard de 3.000 tonnes de steaks hachés surgelés, un don supplémentaire de 115 tonnes de plats cuisinés par Cofigeo, 42 tonnes de céréales de petit-déjeuner, 14 tonnes de poudre chocolatée et 17 tonnes de bouillon de cuisine de la part de Nestlé et un don supplémentaire de la part de Panzani de 100 tonnes sous forme de couscous et de sauces pour féculents.
Le ministère ne compte pas s'en tenir là et prévoit d'autres réunions pour avancer sur le sujet. Il va aussi engager un travail de réflexion concernant la diversité et la qualité de la collecte et le développement d'une plateforme digitale pour rapprocher les associations des donateurs des filières agricoles et agroalimentaires. Un chantier destiné à rendre plus incitative la fiscalité liée au don agricole et au don alimentaire est également envisagé. "À l'heure actuelle, la fiscalité des dons pose des problèmes (l'exonération fiscale permise par don est très limitée, le taux est très réduit). Il s'agirait notamment de relever ce plafond pour déployer davantage de capacité de dons, détaille le cabinet du ministre, les agriculteurs eux doivent reverser une cotisation à la MSA (Mutualité sociale agricole), ce qui est un facteur désincitatif, et pour les associations, elles doivent remplir des mesures de déclarations administrative qui sont complexes."