Villages d’avenir : 400 nouvelles communes vont rejoindre le programme en 2025
À l’occasion d’un déplacement dans les Vosges vendredi 7 mars dans le cadre de l’évaluation à mi-parcours du plan France Ruralités, Françoise Gatel, la ministre déléguée chargée de la ruralité, a annoncé la poursuite du programme "Villages d’avenir". L’accompagnement de 395 projets s’achèvera au premier trimestre 2025 et 400 communes supplémentaires sont appelées à rejoindre le dispositif selon le principe "un sortant, un entrant".

© Emilie Zapalski/ Michel Fournier, Françoise Gatel et Valérie Michel-Moreaux
Lancé le 1er janvier 2024, "Villages d’avenir", programme d’ingénierie piloté par l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), vise à dynamiser les communes rurales de moins de 3.500 habitants en leur offrant un accompagnement personnalisé dans la conception et la réalisation de projets d’aménagement et de développement : réhabilitation de bâtiments, gestion de l’eau, aménagement d’espaces publics, mobilités, accompagnement des transitions écologique, énergétique, numérique et démographique, etc. Depuis sa mise en œuvre opérationnelle à l’été 2024, "2.498 communes (dans 95 départements) sélectionnées par les préfectures ont bénéficié du soutien de 120 chefs de projets (100 financés par l’ANCT et 20 par le Cerema)", indique le ministère.
Au premier trimestre 2025, 395 projets seront achevés. Dès à présent, les préfets de département sont invités à en sélectionner de nouveaux selon le principe "un sortant, un entrant". En 2025, "plus de 400 communes sont amenées à rejoindre le programme dans le cadre de la vague complémentaire". Parmi les projets déjà identifiés, les thématiques portent principalement sur l’aménagement et le cadre de vie, l’habitat et le logement, le commerce, la culture et le patrimoine.
Françoise Gatel annonce également le lancement d’une mission d’inspection pour évaluer l’impact des premiers "Villages d’avenir", ainsi que la préparation d’une "nouvelle phase d’action à la suite des prochaines élections municipales [en mars 2026], afin d’accompagner les futurs maires dans la mise en œuvre de leurs projets".
Satisfaction de l’AMRF…
La poursuite du programme recueille la satisfaction de l'Association des maires ruraux de France (AMRF) qui en revendique la paternité. "Quand j’ai proposé ce programme aux autorités, disons-le franchement, l’enthousiasme a été relatif. Deux ans plus tard, les communes rurales ont répondu en grand nombre, bien au-delà des attentes des services de l’État et de l’ANCT", déclare Michel Fournier, président de l’AMRF et maire des Voivres dans les Vosges. Le bilan national réalisé par l’association atteste de l’engouement des communes engagées dans le dispositif. "L’ingénierie de projet, c’est la première difficulté à laquelle se heurtent les petites communes. Là, elles n’ont qu’un seul interlocuteur, le chef de projet, ce qui est très appréciable", remarque Michel Gros, vice-président de l’AMRF, président de l’AMR 83 et maire de La Roquebrussane dans le Var.
Lui-même est engagé dans le programme pour plusieurs projets structurants : une future crèche, la réhabilitation du bâti ancien vacant au centre du village et la création d’un nouveau quartier comprenant du logement inclusif et une offre résidentielle permettant de fixer la population sur le long terme. "Le bilan dressé par l’AMRF montre que le programme Villages d’avenir fonctionne, d’où notre demande de reconduction. Nous avons été entendus, ce qui n’était pas gagné dans le contexte budgétaire actuel", relève Michel Gros.
… et vigilance
La satisfaction des maires ruraux ne masque pas une certaine vigilance de leur part pour la suite : "Appliquer la règle 'un sortant, un entrant' pour sélectionner les nouveaux projets, pourquoi pas. Mais nous demandons que l’accompagnement des projets en bout de course se fasse en biseau afin d’éviter qu’ils n’échouent dans la dernière ligne droite", indique le vice-président. L’ANCT a d'ailleurs elle-même envoyé un courrier en ce sens aux préfets et l'AMRF déclare travailler "en lien étroit avec l’ANCT" pour faire aboutir les projets qui se termineront d’ici la fin du premier trimestre. L’association plaide en outre pour la création d’un "comité des financeurs" qui pourrait réunir "l’État, les départements, les agences de santé, de l’eau et les bailleurs sociaux notamment".
Au cours de cette première année de programme, 349 projets portés par 611 communes bénéficient d’un accompagnement renforcé de l’ANCT via un marché à bons de commande pour un total de 12,5 millions d'euros. "Le même budget est alloué à la nouvelle vague de projets en 2025", précise le ministère de la Ruralité. De quoi rassurer le président de l’AMRF pour les prochains mois. "Le programme Village d’avenir n’est pas un label, mais une identification de projets. Il ne doit pas engendrer de frustrations", dit-il.