Des mesures pour renforcer la pratique sportive chez les enfants
Alors que la première évaluation des qualités physiques des élèves de classe de sixième a donné des résultats contrastés, les ministres de l'Éducation nationale et des Sports annoncent des mesures pour renforcer l'activité physique chez les enfants et à l'école. Sans nouveauté, ces mesures visent à rendre plus efficients des dispositifs déjà existants.

© @VilledeReims/ Elisabeth Borne et Marie Barsacq à Reims
En pleine Semaine olympique et paralympique, Élisabeth Borne, ministre de l'Éducation nationale, et Marie Barsacq, ministre des Sports, ont annoncé, jeudi 3 avril, une batterie de mesures visant à renforcer l'activité physique et sportive à l'école et chez les enfants plus généralement.
La première consiste à renforcer la formation des professeurs des écoles afin de généraliser la pratique des 30 minutes d'activité physique quotidiennes à l'école (30'APQ). Lancé à la rentrée 2020, ce programme, qui intervient en complément de l'éducation physique et sportive (EPS) obligatoire, a été généralisé en septembre 2022, sans toutefois atteindre les objectifs fixés.
Former les enseignants aux 30' APQ
Selon une récente mission flash conduite par les députés Frédérique Meunier et Christophe Proença sur l'activité physique et sportive et la prévention de l'obésité en milieu scolaire, les 30'APQ ne sont réellement mis en œuvre pour au moins la moitié des élèves que dans 42% des écoles et ne concernent au maximum que deux jours de la semaine.
Pour tenter de faire mieux, les ministres ont décidé de renforcer les formations académiques des personnels et des enseignants autour de ce programme et de relancer "l'équipe de France des 30 minutes d'activité physique" composée de 230 sportifs de haut niveau prêts à offrir leur image et un peu de leur temps au dispositif.
Expérimenter la mutualisation des équipements sportifs dans six académies
Deuxième mesure pour renforcer la pratique sportive chez les enfants : mettre à disposition des clubs les infrastructures et équipements sportifs des écoles et établissements scolaires. Là encore, il ne s'agit pas d'une nouveauté. Cette recherche de mutualisation figurait déjà dans le plan d'anticipation de la rentrée sportive 2024 "Ouvrons grand les clubs". Et depuis 2022, la loi oblige l'aménagement de tout nouvel équipement sportif scolaire pour en permettre l'accès aux associations sportives. Toutefois, les quelque 26.000 équipements sportifs situés au sein des établissements scolaires sont loin d'être autant de lieux de pratique pour des clubs en manque d'infrastructures.
Pour aller plus loin, Élisabeth Borne et Marie Barsacq lancent une expérimentation visant à ouvrir plus largement les infrastructures et équipements scolaires afin qu'ils puissent bénéficier aux clubs sportifs pendant les temps où ils ne sont pas utilisés dans le cadre scolaire. Cette expérimentation concernera les trois académies d'Île-de-France et celles de Lille, Rennes et Orléans-Tours, et "permettra de définir les conditions d'une mutualisation réussie", selon un communiqué commun des deux ministres.
Seul un élève sur cinq présente une "qualité physique satisfaisante"
On note encore, après un lancement à la rentrée 2024, l'annonce du déploiement à plus grande échelle des tests de qualité physique en sixième dans tous les collèges volontaires pour évaluer les qualités physiques des élèves de manière "efficace, rapide et bienveillante, avec l'objectif de mettre à disposition des équipes pédagogiques un outil permettant d'apprécier les aptitudes physiques de chaque élève et leur état de santé". L'idée étant ensuite d'accompagner l'ensemble des élèves vers une pratique sportive adaptée à leurs besoins dès la rentrée 2025/2026. Les premiers résultats de cette expérimentation, qui viennent par ailleurs d'être publiés, sont assez éloquents : seuls 19% des élèves sont considérés comme ayant une qualité physique satisfaisante.
Enfin, le label Génération 2024 – qui reconnaît l'engagement des établissements scolaires qui développent des passerelles avec le mouvement sportif et encouragent la pratique sportive des jeunes – va être pérennisé sous le nom de "Génération 2030", dans la perspective des Jeux d'hiver de 2030 organisés dans les Alpes. À cet effet, un nouveau cahier des charges de la labellisation sera communiqué d'ici la fin de l'année scolaire et les premières labellisations pourraient être données dès la rentrée prochaine.