L’Insee cartographie les évolutions récentes en matière d’emploi des jeunes

A travers l’étude Formations et emploi, l’Insee propose une vue d’ensemble de la situation hexagonale en matière de formation, continue et professionnelle, et de l’impact des choix en matière de politiques publiques sur l’emploi des jeunes, notamment.

En France les jeunes sont de plus en plus diplômés, mais les difficultés d’insertion demeurent pour ceux qui le sont le moins. Voilà en résumé le premier enseignement de l’étude menée par l’Insee et ses partenaires (Dares, Cereq, Depp, Sies), dévoilée le 12 février à l’occasion d’une conférence de presse. Sur l’année scolaire 2022/2023, 51% des 14-29 ans étaient scolarisés, soit environ 15,7 millions de personnes. Un taux qui augmente notamment dans l’enseignement supérieur : en 2023, 52% des 25-29 ans étaient diplômés du supérieur, soit une progression de +11 points sur 20 ans. Dans le détail, les filières demeurent "très genrées" avec une surreprésentation notable des femmes dans les activités de services (le taux atteint 80% dans le paramédical et le social) tandis que celles de production sont généralement plus masculines. Sur le plan social, l’étude montre également que l’origine sociale joue en faveur de la poursuite, ou non, d’études longues qui facilitent ensuite l’accès à l’emploi. Enfin, le développement observé du cumul emploi/études doit beaucoup à l’essor de l’apprentissage lié à la mise en œuvre de la loi de 2018 "pour la liberté de choisir son avenir professionnel", notamment chez les étudiants.

L’Insee relève à ce titre que le nombre de jeunes inscrits en CFA a plus que doublé en 5 ans, en grande partie grâce aux étudiants de l’enseignement supérieur dont le contingent représente aujourd’hui plus de la moitié du nombre total d’apprentis. Des apprentis qui, de manière globale, s’insèrent mieux sur le marché du travail que les élèves des lycées professionnels et autres étudiants de la voie scolaire. Les jeunes restent malgré tout plus sensibles aux fluctuations conjoncturelles du marché du travail, a fortiori ceux qui sont peu ou pas diplômés : la moitié d’entre eux sont soit au chômage, soit "dans le halo du chômage", voire en sous-emploi. Parmi ceux sortis depuis 1 à 4 ans de la formation initiale, 42% sont au chômage. Un taux ramené à 9% pour les diplômés du supérieur. Pour corroborer ces constations, l’étude révèle que le temps d’accès au premier emploi varie en fonction du niveau d’études : il est de 7 mois pour les diplômés du supérieur quand il atteint 22 mois pour les élèves de la formation initiale. Autre phénomène singulier, les métiers dits "en tension" offrent davantage d’opportunité pour ces jeunes de décrocher un CDI (41% contre 22% dans les métiers sans tension). Des métiers qui restent néanmoins largement considérés comme "de transition".

L’entrée en formation motivée par la volonté d’évoluer professionnellement

S’agissant des adultes, en 2022, près de la moitié des 18-69 ans déclarent avoir suivi une formation dans les 12 mois précédents, même si ce sont majoritairement des formations qui ne délivrent ni titre, ni diplôme. Seuls 36% ont d’ailleurs suivi une formation dans un but professionnel. D’une manière générale, l’accès à des formations est plus évident en début de carrière ainsi que chez les personnes les plus diplômées et en emploi tandis qu’à l’inverse, les personnes les plus éloignées de l’emploi sont celles qui se forment le moins ; 8% des personnes qui n’ont suivi aucune formation professionnelle dans l’année déclarent pourtant qu’elles l’auraient souhaité. Et même si les candidats à la formation professionnelle sont nombreux parmi les chômeurs, relève l’étude de l’Insee, au final ils se forment très peu. Dans le même ordre d’idée, les jeunes et les parents de jeunes enfants aspirent davantage à se former, de même que les habitants des DOM qui sont 2 fois plus nombreux (15% contre 8%) à déclarer vouloir entrer en formation. La principale motivation à entrer en formation concerne la volonté d’évoluer professionnellement : un chapeau sous lequel on trouve aussi bien l’amélioration des perspectives de carrière (47%) que la possibilité de trouver un nouvel emploi (46%) ou encore ou encore le souhait d’obtenir un nouveau diplôme (26%).

Enfin, l’Insee s’est penché sur la question de l’apprentissage qui a connu un développement exponentiel depuis 2018. La loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel "a touché l’ensemble des acteurs du monde de l’apprentissage" en simplifiant d’une part le dispositif des aides employeurs et en le réévaluant même à l’occasion de la crise sanitaire afin que le soufflé ne retombe pas brutalement. Au final, le nombre de CFA a été multiplié par 3, le nombre d’employeurs d’apprentis par 2 et celui des apprentis par 2,4 pour dépasser en 2023 la barre symbolique du million. Un bond spectaculaire qui concerne à la fois les apprentis du secondaire dont le nombre a été multiplié par 1,5 et ceux de l’enseignement supérieur dont le nombre a été multiplié par 3,8 depuis la mise en œuvre de la loi, au point de devenir le contingent le plus important d’apprentis en France aujourd’hui. Avant la réforme, souligne l’Insee, les apprentis du secondaire représentaient les deux tiers du total des apprentis. Désormais, c’est l’inverse ! Dans le détail, en 2023, 9% des 16-29 ans étaient en apprentissage ; des apprentis plus nombreux dans les activités de services (63%) que celles de production ; un effet également de la féminisation de l’apprentissage.

Enfin, l’Insee souligne que l’apprentissage favorise l’insertion professionnelle des jeunes. Pour ceux issus du secondaire, c’est la voie vers un emploi stable. Un phénomène identique s’observe chez les étudiants de l’enseignement supérieur, même si l’écart en matière d’insertion avec ceux qui ont suivi la voie scolaire est plus restreint. A noter du côté des entreprises, seulement 5% d’entre elles citent le coût de l’apprentissage comme un frein au recrutement d’un apprenti.

 

Téléchargements

Voir aussi

Abonnez-vous à Localtis !

Recevez le détail de notre édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques. Merci de confirmer votre abonnement dans le mail que vous recevrez suite à votre inscription.

Découvrir Localtis