Jeux d'hiver 2030 : le Cojo est installé

Le Comité d'organisation des Jeux olympiques d'hiver 2030 dans les Alpes françaises a été officiellement installé. Présidé par Edgard Grospiron, il va devoir rapidement se mettre en piste pour arrêter la carte des sites, sur fond de fortes contraintes budgétaires. 

Le Comité d'organisation des Jeux olympiques d'hiver 2030 (Cojo) dans les Alpes françaises a été officiellement installé ce mardi 18 février par les cinq institutions parties prenantes : le ministère des Sports, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), le Comité paralympique et sportif français (CPSF), la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et la région Auvergne-Rhône-Alpes. 

Edgar Grospiron, champion olympique en ski acrobatique en 1992 et éphémère directeur général de la candidature d'Annecy à l'organisation des Jeux d'hiver de 2018, a été désigné pour assurer la présidence de ce comité attendu depuis l'automne 2024 et qui siégera à Décines-Charpieu, dans la banlieue de Lyon, au stade de l'Olympique lyonnais. Cette localisation dans une métropole qui n'accueillera aucune épreuve peut surprendre. Selon Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, cette décision a été prise par Michel Barnier, alors qu'il était Premier ministre, et se justifie par l'étalement des futurs sites de compétition dont Lyon constitue un carrefour en termes d'accessibilité.

Quatre pôles, de la Haute-Savoie à Nice

La détermination définitive de ces sites fera d'ailleurs partie des priorités du Cojo, théoriquement d'ici la fin du premier trimestre, tout comme celle du lieu de la cérémonie d'ouverture. Pour l'heure, il semble acquis que quatre pôles seront constitués : deux dans les Alpes du Nord – en Haute-Savoie (La Clusaz et le Grand Bornand) et en Savoie (Courchevel, Méribel, La Plagne et Bozel) – et deux dans les Alpes du Sud – dans le Briançonnais (Montgenèvre, Serre-Chevalier et Briançon) et à Nice pour les épreuves de glace, le pôle principal de communication et de presse et la cérémonie de clôture. Chacun de ces pôles abritant en outre des villages olympiques pour les athlètes.

L'élaboration de la carte des sites devrait aller de pair avec celle de la maquette des infrastructures, confiée à la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), à laquelle un décret du 10 février vient de donner naissance. Particularité de la Solideo, qui ajoute à la complexité de l'organisation : elle sera basée à Marseille.

Un budget serré... à ne pas dépasser

Une fois la carte des sites arrêtée, le Cojo aura pour mission – outre l'organisation des Jeux – de tenir le budget. Et ce alors que les récents Jeux de Paris 2024 ont été l'occasion, pour les seuls crédits de l'État, d'un dépassement d'environ 1,6 milliard d’euros. Actuellement, le budget des Alpes 2030 est estimé à deux milliards pour l'organisation, financés principalement sur fonds privés, et à 1,1 milliard d'euros pour la Solideo afin de financer les aménagements et infrastructures nécessaires – dont la patinoire de Nice, seul équipement sportif à construire ex-nihilo – sur fonds publics provenant de l'État et des collectivités territoriales. Pour se contenir à cette enveloppe qu'Edgard Grospiron estime "30% inférieurs aux moyens conférés à ce type de projet", le Cojo devrait bénéficier d'une mission d'appui de l'Inspection générale des finances (IGF)

Parmi les prochaines étapes dans l'organisation des Jeux d'hiver de 2030, notons encore une loi olympique à venir. Elle aura pour but à mettre la loi française en conformité avec les exigences du Comité international olympique (CIO), notamment au regard de la fiscalité des recettes générées par les Jeux, des règles liées à la publicité sur la voie publique ou encore en termes d'organisation des transports et de priorité de circulation durant les épreuves ou de sécurité, comme ce fut le cas pour Paris 2024.

Les Jeux olympiques d'hiver se tiendront du 1er au 17 février 2030.