Carte scolaire : au tour des maires ruraux de déplorer le manque de concertation
L'Association nationale des maires ruraux de France déplore le manque de concertation dans les récentes décisions de fermetures de classes. Comme l'AMF, elle met en cause le fonctionnement des observatoires des dynamiques rurales.

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Après l'Association des maires de France (voir notre article du 14 février), c'est au tour des maires ruraux de s'inquiéter des récentes décisions de l'Éducation nationale en matière de fermetures de classes, et de mettre en cause le fonctionnement des observatoires des dynamiques rurales. Dans un communiqué du 18 février, l'AMRF (Association nationale des maires ruraux de France) déplore "l'écart entre la promesse du plan France Ruralités et la réalité du dialogue sur le terrain".
Pour l'AMRF, ce plan, annoncé en juin 2023, avait "sur le papier" répondu à la demande d'anticipation des élus ruraux en permettant "une vision prospective et triennale des mesures de carte scolaire" grâce à la création dans chaque département d'un observatoire des dynamiques rurales réunissant le directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen), le préfet et les maires.
Une instance "largement sous-utilisée"
Mais contrairement aux attentes, "cette instance départementale est largement sous-utilisée, pointe l'AMRF. Les courbes, graphiques et tableaux illustrant la baisse de la démographie scolaire, qui y sont présentés aux maires, sont insuffisants pour appréhender les mesures de carte scolaire et en mesurer leurs impacts". Une position qui rejoint celle de l'AMF qui voit dans les observatoires des dynamiques rurales "davantage un alibi qu'un réel outil de concertation".
Pour l'AMRF, le résultat tient en un mot : "déception". "Sur le terrain, les fermetures annoncées, sans réelle concertation, pleuvent et provoquent l'ire des maires", poursuit l'association, qui cite les exemples venus de Saône-et-Loire, des Deux-Sèvres, de l'Allier. Autant de cas qui viennent s'ajouter à ceux mentionnés récemment par l'AMF, l'Allier – déjà ! – mais également la Vienne, le Cantal ou la Charente.
Une typologie des communes inadaptée
À l'instar de l'Anem (Association nationale des élus de la montagne – lire notre article du 5 février), l'AMRF souligne par ailleurs le problème posé par la typologie de classement utilisée par l'Éducation nationale dans l'établissement de la carte scolaire. Tout comme elle ignore les communes de montagne en tant que telles, cette typologie semble imprécise pour décrire la réalité des communes rurales. "Le cas rapporté dans le Puy-de-Dôme est à ce titre emblématique : une seule fermeture annoncée en 'ruralité' (ne ciblant que le 'rural éloigné'), tandis qu'en réalité huit communes rurales étaient concernées !", s'insurge l'AMRF, qui ajoute qu'"une telle imprécision dans la présentation aux maires ruraux des mesures de carte scolaire ne favorise pas l'échange et le dialogue dans un climat de confiance".
Les maires ruraux se disent néanmoins "prêts à dialoguer pour profiler l'école rurale de demain, dans l'intérêt des élèves et en préservant la qualité de l'enseignement et l'attractivité des territoires ruraux". Ils demandent à être associés aux mesures de carte scolaire sur la base d'un état des lieux prenant en compte, notamment, une évaluation systématique du temps de transport scolaire et la mesure de l'allongement des déplacements domicile-école qui peut résulter d'une suppression de classe, les investissements des communes pour les locaux scolaires, et le nombre d'enfants de deux à trois ans dans la comptabilisation des effectifs scolaires.