Politique de la ville : à l'approche du CIV, les associations plaident pour un retour des services publics
Une cinquantaine d'associations ont notamment plaidé lundi 17 mars pour un retour des services publics dans les quartiers prioritaires, lors d'une consultation visant à préparer le prochain comité interministériel des villes (CIV) qui aura lieu le 17 avril à Montpellier.
Réunis à l'Hôtel de Roquelaure pour la première des trois journées de concertation organisées par la ministre déléguée à la Ville Juliette Méadel, les acteurs associatifs ont dressé un bilan mitigé du dernier CIV d'octobre 2023, tout en saluant le résultat de certains dispositifs comme les "cités éducatives".
Education, santé, emploi, développement économique, financement des associations : les ateliers ont porté sur de nombreux aspects de la politique de la ville et beaucoup d'acteurs ont appelé à renforcer les services dans les quartiers, qu'ils soient publics ou privés. "Il y a une responsabilité de l'État sur les politiques régaliennes, car on voit qu'en matière de justice, de police ou d'Education nationale, il y a une inégalité de traitement qui est dramatique entre les territoires", a souligné Bénédicte Madelin, présidente de la Fédération des associations de médiation sociale et culturelle. Certaines associations ont suggéré d'obliger les collectivités à réserver du foncier pour les associations et les activités commerciales dans les quartiers prioritaires (QPV).
"Mon rôle c'est de définir avec vous les priorités et de les faire porter par le Premier ministre (...) La raison d'être du CIV, c'est la mobilisation du droit commun (...) c'est-à-dire du service public", a déclaré la ministre, disant souhaiter "pas plus de trois priorités et dix objectifs".
Du côté associations, les réactions ont été plutôt positives, malgré des convocations envoyées parfois à la dernière minute. "On attend beaucoup de ce CIV et c'est important qu'il arrive maintenant au vu de la conjoncture nationale et internationale", a estimé Abdelaali El Badaoui, président-fondateur de l'association Banlieues Santé. "Dans les quartiers, il y a beaucoup de non-recours ou de recours tardif à la santé. Donc, c'est important qu'on remette de la santé là où il y en a le plus besoin", a-t-il ajouté, appelant au développement de centres de santé participatifs. "Quoi qu'on fasse, si on n'agit pas sur les discriminations, on n'y arrivera pas", a toutefois nuancé Claudia Ruzza, directrice générale de l'association Positiv, association qui accompagne les personnes éloignées de l'emploi.
Une deuxième réunion est prévue le 28 mars avec les représentants du monde économique et des bailleurs sociaux, et une troisième le 3 avril avec les associations d'élus. L'annonce de la date de ce CIV avait été faite par Juliette Méadel la semaine dernière, le 13 mars, devant, précisément, les représentants de sept associations d'élus locaux réunis à Épinay-sous-Sénart pour lancer solennellement un appel à l'attention du gouvernement afin de "renouveler leurs attentes sur la méthode et les contenus des futures politiques de la ville et de cohésion sociale et urbaine" (voir notre article du 14 mars).