Les nageurs-sauveteurs-CRS de retour sur les plages l'été prochain

Après une absence fort remarquée en 2024 pour cause de sécurisation des Jeux olympiques, le ministère de l'Intérieur a annoncé le retour des nageurs-sauveteurs-CRS sur les plages françaises à l'été 2025. Un soulagement pour les élus locaux concernés.

Les nageurs-sauveteurs-CRS seront de retour sur les plages pour l'été 2025, a récemment annoncé Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, dans un courrier adressé à plusieurs maires concernés ainsi qu'à Yannick Moreau, président de l'Association nationale des élus du littoral (Anel). Un courrier qui faisait lui-même suite à une action de l'Anel visant à alerter le ministre de l'Intérieur sur "la nécessité de rétablir les renforts de sécurité dans [les] communes littorales pour la saison estivale" afin de faire face à l'afflux massif de vacanciers. 

La présence traditionnelle des CRS sur les plages – qui date de la fin des années 1950 – avait en effet été interrompue en 2024 en raison des importants besoins de sécurisation des sites olympiques à l'occasion de la tenue des Jeux de Paris l'été dernier. Une absence qui avait suscité un fort émoi de la part des élus locaux (lire notre article du 21 juin 2024). En effet, on comptait en 2022 près de trois cents nageurs-sauveteurs-CRS contribuant à assurer la surveillance de la baignade dans quelque cinquante-cinq communes littorales – sachant qu'on a pu compter il y a une trentaine d'années jusqu'à 1.200 CRS déployés sur les plages. Une présence assez inégale selon les communes mais qui peut, comme sur les littoraux de la Gironde et du Nord-Pas-de-Calais, constituer une part importante des effectifs.

"Un engagement concret envers les collectivités"

Les collectivités concernées s'étaient alors "débrouillées chacune à sa manière", selon les termes d'Alain Blanchard, délégué général de l'Anel. Certaines avaient eu recours à des embauches de maîtres-nageurs-sauveteurs en direct, d'autres s'étaient tournées vers des entités spécialisées dans le secours en mer, dont la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM). Cette dernière avait alors dû former 700 nouveaux sauveteurs au lieu des 550 habituels, le tout dans un contexte plus large de difficultés de recrutement dans le secteur de la surveillance des baignades. De plus, élus comme professionnels de la surveillance avaient regretté l'absence des CRS pour lutter contre les incivilités sur les plages, rôle que ne peuvent endosser les surveillants de baignade. 

Dans un communiqué, l'Anel estime que ce retour des nageurs-sauveteurs-CRS constitue "un soutien indispensable pour la tranquillité des habitants et vacanciers", de même qu'"un engagement concret de l'État envers les collectivités locales".

"Vigilants" sur la mise en œuvre

"Nous resterons vigilants sur sa mise en œuvre", précise toutefois l'Anel. On se souvient en effet que si les collectivités avaient assumé leurs responsabilités en 2024, une crainte persistait : et si ce désengagement ponctuel de l'État venait à durer ? Une crainte d'autant plus justifiée que la présence des CRS sur les plages ne constitue ni une de leurs missions propres ni une obligation légale de l'État, comme l'avait rappelé en 2023 Gérald Darmanin, alors ministre de l'Intérieur. Selon un communiqué de la mairie du Touquet (Pas-de-Calais), où le ministre de l'Intérieur est attendu pour une visite ce jeudi 27 février, Bruno Retailleau devrait revenir sur les conditions du retour des nageurs-sauveteurs-CRS sur les plages.

Ce retour était également revendiqué par les représentants des CRS eux-mêmes, ainsi que par la ministre déléguée chargée du tourisme, notamment lorsqu'elle était encore sénatrice de la Gironde. Nathalie Delattre s'est d'ailleurs réjouie de la décision de son homologue de l'Intérieur.