Les départements alpins demandent un nouveau comptage des loups et un relèvement du plafond de tirs

Les huit départements des Alpes ont demandé ce 16 décembre une révision de la méthode de comptage des loups présents en France et d'autoriser à en abattre davantage, en marge d'une réunion à Lyon du Groupe national Loup (GNL), une instance consultative qui tente de trouver un équilibre entre les efforts de préservation du loup et de protection des troupeaux qu'il menace.

Le chiffre de 1.013 loups, rendu public la semaine dernière par la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui pilote le dossier au niveau national, ne reflète pas "la réalité de la présence lupine et de l'aggravation progressive de ses effets", écrivent les présidents des huit conseils départementaux dans un communiqué.

En attendant un nouveau recensement de la population de loups, ces élus demandent "un rehaussement significatif" du nombre plafond d'individus pouvant être abattus en 2025, fixé à 192 têtes (19% du total).

Lors de la réunion du GNL, boycottée par les associations de défense de l'environnement et par les principaux syndicats d'éleveurs ovins, "il y a eu un gros débat concernant l'effectif et la méthode de comptage" de la population lupine, a indiqué à l'AFP Christian Provent, référent loup pour le syndicat Coordination rurale. "On a fait savoir que la nouvelle méthode avait encore besoin d'être affinée et ne pouvait surtout pas se suffire à elle-même", a-t-il ajouté.

Des évolutions réglementaires pour mieux protéger les élevages bovins, qui représentent 7,5% des victimes, ont aussi été discutées. Contrairement aux éleveurs de moutons, chèvres et brebis, les éleveurs de bovins pourraient bientôt obtenir des autorisations préfectorales pour réaliser des abattages préventifs s'ils établissent que leur troupeau court un danger. "Le tir est un moyen de protection mais ne peut pas être la seule réponse faite aux éleveurs bovins, surtout vu qu'on a un plafond de tir qui n'augmente pas, ça va coincer", a mis en garde Annabelle Wurbel, éleveuse dans la Drôme et représentante de la Confédération paysanne au GNL.

La préfecture a indiqué dans un communiqué qu'une expertise scientifique sera diligentée en 2025 par le Muséum national d'histoire naturelle et l'Office français de la biodiversité (OFB) "afin d'actualiser les connaissances disponibles sur la population lupine et le bon état de conservation de l'espèce". Elle souligne aussi que la hausse de la prédation au niveau national (+4,6% en nombre d'attaques et +10,6% en nombre de victimes) se manifeste principalement dans les territoires de nouvelle présence du loup. "Une hausse de plus de 40% des attaques et de près de 80% des victimes par rapport à l'an passé y est constatée alors qu'une baisse comprise entre 5 et 10% est constatée dans les départements alpins", précise-t-elle.

 

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