Elus - Hommage unanime à Michel Dinet
Michel Dinet, président socialiste du conseil général de Meurthe-et-Moselle, est décédé brutalement d'un accident de la route dans la soirée du samedi 29 mars, à proximité de Vannes-le-Châtel, au sud de Toul. Agé de 65 ans, Michel Dinet était également président de l'Observatoire national de l'action sociale décentralisée (Odas), premier vice-président de l'Assemblée des départements de France (ADF) et conseiller régional de Lorraine.
Instituteur de formation et de métier, Michel Dinet avait été maire de Vannes-le-Châtel de 1971 à 2001 puis député de la circonscription de Toul de 1988 à 1993. Conseiller général depuis 1978, il avait été élu à la tête du département de Meurthe-et-Moselle en 1998.
Depuis dimanche, de nombreuses personnalités ont rendu hommage à "l'homme de courage et de convictions" (Philippe Grosvalet, président du département de Loire-Atlantique), au "grand homme qui gardait à l'esprit, à chaque instant, les motivations de son engagement" (Marylise Lebranchu), mettant en avant de façon unanime son engagement en faveur du développement local et de la solidarité. Pour le président de la République, Michel Dinet était "un homme profondément bon et un élu de grande qualité", qui "avait fait du conseil général de Meurthe-et-Moselle un laboratoire de politiques sociales innovantes". Jean-Marc Ayrault a salué "un élu apprécié et reconnu pour ses positions humanistes et son combat pour la justice sociale, tant au niveau local qu'au niveau national".
Pour Claudy Lebreton, président de l'ADF, Michel Dinet était à la fois un "homme politique de conviction" et "l'un des plus éminents connaisseurs des politiques de solidarité" en France. Il ajoute : "Militant de toujours, son caractère entier était à l'image de la puissance de son engagement en faveur d'une démocratie sociale de proximité, innovante et solidaire." Jean-Louis Sanchez, délégué général de l'Odas, et son équipe soulignent que Michel Dinet "était convaincu de l'urgence de mettre en œuvre un nouveau mode de vivre ensemble" et de "réactiver des liens et des repères et une nouvelle gouvernance plus authentiquement issue des aspirations de tous les habitants".
Renouer avec l'esprit du Conseil national de la Résistance
Dans l'exercice de ses responsabilités locales et nationales, Michel Dinet n'avait eu de cesse de plaider pour une nécessaire complémentarité entre la solidarité nationale (en particulier à travers un financement national des trois allocations APA, PCH et RSA ; voir par exemple à ce sujet nos articles du 16 juillet et du 10 octobre 2013), l'action publique de proximité et l'engagement citoyen.
Au sein de l'ADF, il avait ainsi longtemps bataillé pour rallier ses homologues - puis le gouvernement - à cette idée de financement national des allocations (la partie n'était pas gagnée d'avance, y compris du côté des élus de gauche) et avait été chargé de préparer le "projet" de l'association. Il a été partie prenante de la préparation du plan national de lutte contre la pauvreté, en coprésidant le groupe de travail "Gouvernance des politiques de solidarité". En parallèle, son département "pilote" a été de toutes les expérimentations sociales ou presque, du RSA en 2008 aux premiers "diagnostics territoriaux" sur la gouvernance territoriale de l''insertion.
La ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction Publique a rappelé que l'élu de Meurthe-et-Moselle "travaillait [ces derniers mois] activement à la traduction politique du soutien au mouvement associatif" (sur la Charte d'engagements réciproques entre l'Etat, le mouvement associatif et les collectivités territoriales, voir notre édition du 17 février 2014). Marylise Lebranchu ajoute : "Un amendement Dinet dans la loi à venir serait un hommage à la hauteur de son engagement constant pour la justice sociale."
A la veille des élections présidentielles de 2012, Michel Dinet avait co-signé avec trois anciens résistants un appel à renouer avec l'état d'esprit du Conseil national de la Résistance pour un sursaut d'engagement collectif : "Le contrat social écrit après la guerre est aujourd'hui remis en cause. Seul l'engagement citoyen permettra de le sauver."
Sur son site internet, le conseil général de Meurthe-et-Moselle présente un bel hommage à son président : "Guidé par ses convictions sincères et résolues, il mettait ses formidables capacités visionnaires au service de son engagement politique et de la gestion de la collectivité départementale. Il tenait la responsabilité politique et le service public en très haute considération avec la même finalité : faire projet et société ensemble. Animé d'une volonté d'agir opiniâtre, il aimait répéter : 'Ils sont 1.000, nous sommes deux, encerclons-les'."