À Châtillon, la ville végétalise sur proposition des conseils de quartier (92)
En 2022, la ville de Châtillon a engagé une démarche de végétalisation participative avec ses tout nouveaux conseils de quartier. Deux ans plus tard, la moitié des projets proposés est déjà réalisée, du plus modeste au projet d'ampleur. Les conseils de quartier ont plébiscité cette action qui change le quotidien. Un projet mené de pair avec la mutation du service espaces verts.

© Commune de Châtillon
Au bout de la ligne 13 du métro parisien, Châtillon est une ville de moins de 4 km2 où vivent 36 000 habitants. « Malgré 5 parcs publics, il n'y avait ni trame verte, ni ombre, mais des espaces très imperméabilisés et de vrais îlots de chaleur », explique Élodie Dorfiac, adjointe à la transition écologique et aux espaces verts. Élue en 2020 sur un programme cadre de vie et participation citoyenne, la nouvelle équipe municipale a commencé par créer cinq conseils de quartier en tirant au sort soixante-quinze habitants parmi les volontaires, avec une exigence de parité et de représentativité en âge : « Dès l’installation des conseils de quartier fin 2021, on a cherché avec ma collègue chargée de la citoyenneté comment ils pouvaient s'emparer de leur territoire : l'idée de la végétalisation participative est née. »
300 propositions de végétalisation faites par les citoyens
En mai 2022, les élus invitent chaque conseil de quartier à parcourir son secteur et suggérer à la mairie des solutions pour le végétaliser. Durant deux à quatre heures de promenade à pied, ils passent alors en revue ce qui fonctionne, ce qui pêche et les espaces qui peuvent être végétalisés. « Au final, nous avons récolté 300 propositions d'ampleur très variée, d'un délaissé de 2 mètres carrés à des espaces de plus de 100 mètres carrés. Seule une petite dizaine de ces sites faisait partie de notre projet initial de mandat : les habitants apportent vraiment un regard neuf », souligne l'adjointe. À l'été 2022, le service des espaces verts s'attelle à classer ces propositions en trois catégories. Le rouge désigne les projets non réalisables, pour des raisons techniques, soit environ un tiers des idées. En orange, les espaces verts classent les projets qui nécessitent des études de faisabilité pour chiffrer le budget ou évaluer les contraintes techniques du sous-sol : environ un tiers des propositions. En vert enfin, sont identifiés les projets que l’on peut réaliser directement.
Revenir et expliquer
Les élus sont ensuite revenus vers les conseils de quartier pour expliquer leurs choix : « C'est essentiel d'être transparent et de revenir vers les habitants avec un argumentaire bien ficelé ». Deux ans après le lancement de la démarche, la moitié des projets vert ou orange sont réalisés : « Ça va du lilas planté sur un ancien délaissé de 2 mètres carrés racheté à l'euro symbolique à une copropriété, à la végétalisation d'une place de 100 mètres carrés autour d'un monument, en passant par la création d'un jardin potager en face du lycée, en partenariat avec le club développement durable de l'établissement », énumère l'adjointe. Les projets plus les plus simples sont réalisés en régie, les autres sont confiés à des maîtres d’œuvre, après une longue concertation avec les riverains : « C'est le cas par exemple du réaménagement de la rue Gabriel Péri où nous passons de 6 % à 20 % d'espaces verts, avec 2 000 mètres carrés de plantations, la création d'une nouvelle piste cyclable et l’aménagement d’un sens unique pour les voitures sur une partie de la rue. » Dans tous les cas, l'entretien se fait en régie, pour garantir une qualité esthétique à long terme.
Une action d'hyper-proximité
« En seulement deux ans, nous avons impulsé une vraie dynamique, se réjouit l'adjointe. Les projets se voient, ils changent concrètement la vie quotidienne, les membres des conseils de quartier en sont de formidables ambassadeurs et les habitants se rallient à la cause petit à petit. » Le conseil départemental des Hauts-de-Seine qui réaménage deux routes départementales dans la ville est naturellement venu proposer à la mairie d'élargir les fosses d'arbres en bordure de ces axes. À l'heure où cette première génération des conseils de quartier clôt son exercice, elle plébiscite l’action de végétalisation. « Les nouveaux membres nous demandent déjà de faire eux aussi un tour pour identifier de nouveaux projets ! » Pas si simple, alors que la deuxième partie de mandat exige de suivre les gros projets municipaux désormais lancés.
Davantage d'espaces verts imposent de travailler différemment
« Cette démarche a demandé du temps et de l'énergie pour nous, les élus », souligne l'adjointe. Elle a aussi nécessité de faire évoluer les pratiques du service espaces verts, qui a été renforcé en début de mandat. « Nous avons eu la chance de pouvoir recruter dès le départ une nouvelle responsable du service. Architecte paysagiste de formation, elle est sensible à notre approche participative. Elle a aussi formé ses équipes pour pouvoir gérer différemment des espaces qui allaient être plus nombreux. » En deux ans, les pratiques ont ainsi évolué : moins de tontes, plantation privilégiée de vivaces, de plantes économes en eau… « Grâce à cette végétalisation concertée avec les citoyens, nos jardiniers ont aussi retrouvé une vraie mission de conception et d'échange avec les habitants », conclut l'adjointe, qui déplore « qu’il reste encore compliqué de recruter dans ces métiers ». Deux des douze postes du service espaces verts sont aujourd'hui vacants.
La végétalisation orchestrée par les conseils de quartier
- 300 propositions citoyennes de végétalisation
- 50 % sont réalisées deux ans après le début de la démarche
- Des budgets de 1 000 à 15 000 euros, dont plusieurs financés avec le soutien du budget participatif d’Île-de-France
- La mairie s'est engagée à planter 150 arbres et 1 000 arbustes au cours du mandat
- 12 agents affectés au service espaces verts de la ville
Commune de Châtillon
Nombre d'habitants :
Élodie Dorfiac
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