Éclairages n°34 : Stratégie Nationale Bas Carbone, l’impact du climat sur la réhabilitation thermique des logements sociaux

La Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) impose aux bailleurs sociaux d’accélérer la rénovation énergétique : un rythme de réhabilitation influencé par les conditions climatiques locales.

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Stratégie Nationale Bas Carbone : un défi pour les bailleurs sociaux

Instaurée par la loi « Transition Énergétique pour la Croissance Verte », la SNBC fixe un cap ambitieux : atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Pour atteindre ces objectifs, la loi « Climat et Résilience » du 22 août 2021 impose aux bailleurs sociaux d’accélérer la rénovation énergétique de leur parc immobilier.

L’enjeu est double : éliminer les logements classés E, F et G d’ici 2034 et réduire la consommation énergétique du parc social au niveau « BBC énergie » à l’horizon 2050. Concrètement, cela implique d’atteindre une étiquette énergétique moyenne de classe B (ancienne méthode DPE) ou une très bonne classe C (nouvelle méthode DPE). En bref, un véritable défi qui nécessite des investissements conséquents et une planification millimétrée. 

L’influence du climat sur le rythme de la réhabilitation thermique

Pour accomplir ces objectifs énergétiques et répondre aux exigences de la SNBC, les bailleurs sociaux ont intensifié leurs efforts et accéléré leurs programmes de réhabilitation thermique ces dernières années. Cela s’est notamment traduit par une plus forte mobilisation d’Éco-Prêts, proposés par la Banque des territoires. 

Cependant, cette dynamique varie selon les zones climatiques : les régions aux hivers rigoureux réhabilitent plus rapidement que les zones aux hivers plus cléments, celles-ci priorisant les projets de construction de nouveaux logements. Trois grands impacts découlent de cette influence.

Les arbitrages entre construction ou réhabilitation

Dans les régions froides, la consommation énergétique des logements est plus importante, rendant la réhabilitation thermique prioritaire pour lutter contre les passoires énergétiques. Ce sont donc les premières concernées par ces mesures contre les bâtiments énergivores.

De ce fait, les bailleurs sociaux situés dans ces zones froides doivent rénover, d’ici 2034, deux fois plus de logements que ceux des régions au climat plus doux, afin de se conformer aux nouvelles obligations.

Cette disparité entre les zones se reflète dans l’utilisation des Éco-Prêts : entre 2016 et 2023, 40 % des logements réhabilités ou construits en zone froide ont bénéficié de ce dispositif, contre seulement 12 % dans les régions aux hivers moins rudes. 

À l’inverse, ces dernières connaissent un dynamisme résidentiel plus fort, avec un taux de construction également plus élevé.

Le coût de la réhabilitation thermique du parc social

L’adaptation aux conditions climatiques a un impact direct sur le coût des rénovations. Dans les zones froides, où les besoins en chauffage sont plus importants, les bailleurs sociaux doivent intégrer des dispositifs thermiques renforcés (isolation, systèmes de chauffage performants, etc.). Une nécessité de basculer le parc de logements énergivores vers une étiquette A ou B qui vient considérablement alourdir la facture énergétique.

En moyenne, cette contrainte additionnelle se traduit par un surcoût de 10 % du coût total d’une opération de réhabilitation, par rapport aux régions plus tempérées.

Les gains énergétiques attendus de la rénovation des logements sociaux

En dépit de ces efforts, les performances énergétiques obtenues après réhabilitation diffèrent selon la zone géographique. Dans les régions aux hivers les plus froids, seuls 40 % des logements rénovés atteignent une étiquette énergétique A ou B, contre plus de 70 % dans le sud de la France.

Le climat impacte donc non seulement le rythme des rénovations, mais également leur efficacité énergétique, rendant encore plus essentiel l’accompagnement des bailleurs sociaux dans les territoires.

Notre numéro 34 d’Éclairages propose un état des lieux détaillé, pour chaque région, de la réhabilitation thermique du parc social français ayant recouru à de l’Eco-Prêt et de son développement à l’échelle locale. Elle met en lumière l’influence des zones climatiques sur le rythme et l’efficacité de la réhabilitation, et sa capacité à atteindre les objectifs de la SNBC. En outre, elle offre un éclairage quantitatif d’intérêt des coûts de revient des travaux en fonction de la consommation énergétique avant et après rénovation, apportant des données précieuses pour orienter les décisions des acteurs du logement social.

  • Type : Etude

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