PLF 2027 : Monique Barbut met en avant le budget "globalement stable" de son ministère

Dans un contexte budgétaire "très contraint", la ministre de la Transition écologique met en avant le budget "globalement stable de son ministère". Dans le détail, le fonds Chaleur voit comme redouté son enveloppe amputée de 300 millions d'euros, alors que celle du fonds vert augmente de 150 millions d'euros. Nombre de postes sont "stabilisés" : ainsi du fonds Barnier ou des recettes affectées des agences de l'eau. La ministre a par ailleurs – un peu – levé le voile sur les propositions qu'elle a remises la veille au Premier ministre pour accélérer la mise en œuvre du plan national d'adaptation au changement climatique.

11,4 milliards d'euros. Tel est en l'état le budget proposé pour le ministère de la Transition écologique pour 2027. Un "budget globalement stable, ce qui représente un effort notable dans la situation budgétaire que connaît notre pays", a souligné auprès de la presse Monique Barbut ce 1er octobre. La ministre relève en outre que "l'effort en faveur de la transition écologique ne se lit pas dans une seule ligne budgétaire", évoquant les actions conduites par les autres ministères – et de renvoyer ainsi au budget vert de l'État – ou encore les financements extra-budgétaire, comme les certificats d'économie d'énergie (CEE) "qui constituent l'un des principaux leviers pour financer la décarbonation".

Participation à l'effort de rationalisation des dépenses publiques

Le ministère n'en participe pour autant pas moins, "logiquement", à l'effort global de rationalisation des dépenses publiques, comme l'indique le ministre délégué Mathieu Lefèvre. "Les déficits d'aujourd'hui sont les crises de demain auxquelles on ne pourra pas répondre", argue-t-il. Le budget prévoit ainsi la suppression de 126 équivalents temps-plein (ETP) en administration centrale et de 156 ETP au sein des opérateurs – principalement au sein du Cerema et de l'IGN. 

Un effort de "rationalisation" qui justifie également la baisse de certaines enveloppes, comme celle, redoutée, du fonds Chaleur, de 300 millions d'euros en autorisations d'engagement (soit l'essentiel des 350 millions d'euros de baisse des autorisations d'engagement de l'Ademe). Une baisse que Mathieu Lefèvre justifie par les nouvelles modalités de financement arrêtées par l'Ademe en juin, par le fait que "le coût de l'euro investi est évidemment moins important au moment où le prix des hydrocarbures est aussi élevé", mais aussi par une logique assumée de "priorisation des investissements vers les collectivités qui en ont le plus besoin, notamment vers les 109 territoires d'électrification", même si l'on peut considérer que les deux ne se recoupent pas nécessairement. Le ministre met par ailleurs en exergue une augmentation des crédits de paiement du fonds, "qui va permettre de satisfaire les projets qui sont dans la liste d'attente".

Des postes en légère hausse…

Le fonds vert connaît, lui, un sort plus favorable, puisqu'il voit son enveloppe portée à 1 milliard d'euros en autorisations d'engagement, soit 150 millions d'euros supplémentaires par rapport à 2026 (dont 15 millions d'euros dédiés à Mayotte). "Au moins la moitié sera consacrée à l'adaptation au changement climatique", relève Monique Barbut – qui souligne qu'elle a voulu faire de cette dernière "sa première priorité" –, "au sein des collectivités les plus vulnérables", ajoute le dossier de presse, sans plus de précision. 

Le dossier de presse précise que "la rénovation énergétique et l'adaptation des bâtiments publics locaux continueront d'être encouragées, en donnant la priorité aux établissements scolaires". La ministre indique également que 100 millions d'euros seront par ailleurs consacrés à la forêt, "pour financer notamment sa protection et son adaptation".

Le budget forêt voit lui aussi son enveloppe grossir de 36 millions d'euros par rapport à 2026, pour atteindre 417 millions d'euros d'autorisations d'engagement. "Et pour la première fois, ses crédits seront regroupés dans un programme budgétaire [386] spécifiquement dédié". Au sein de cette enveloppe, 70 millions d'euros d'autorisations d'engagement (+5 millions d'euros par rapport à 2026) seront consacrés au renouvellement forestier. Afin d'améliorer la gestion et le suivi des peuplements, 25 millions d'euros sont budgétés pour l'acquisition de données Lidar. Et le financement de l'Office national des forêts (ONF) est porté à 236 millions d'euros, une légère augmentation qui profitera aux patrouilles de surveillance et d'intervention contre les incendies. Il est encore précisé que les effectifs de cet opérateur seront "stabilisés".

… ou "stabilisés"

Une "stabilisation" qui est également de mise pour les crédits dédiés à la biodiversité. "Nous allons utiliser pas mal de fonds vert" en faveur de cette dernière, ajoute Monique Barbut en relevant "qu'adapter notre territoire, ça passe par des solutions fondées sur la nature". Stabilisées également, les recettes affectées des agences de l'eau – qui verront en revanche leurs effectifs baisser d'environ 1% –, "agences qui sont pour une grande partie les financeurs de notre biodiversité, notamment au travers des paiements pour services écologiques", rappelle la ministre.

"Stabilisée" encore, l'enveloppe du fonds Barnier, "maintenue à son plus haut niveau historique, soit 300 millions d'euros", met en exergue Monique Barbut. Elle observe par ailleurs que 6 millions d'euros supplémentaires sont prévus pour étendre le réseau Vigicrues, "à l'ensemble du territoire national", complète Mathieu Lefèvre. Le fonds dédié au retrait/gonflement d'argiles (RGA) est par ailleurs maintenu, porté à 7 millions d'euros en autorisations d'engagement et à 5 millions d'euros en crédits de paiement. "On constate que le nombre de dossiers éligibles a considérablement augmenté dans les 11 départements d'expérimentation après que nous avons revu les critères d'éligibilité au mois de mars", est-il relevé.

Propositions Barbut sur l'adaptation au changement climatique

Monique Barbut a par ailleurs profité de l'occasion pour lever – un peu – le voile sur les propositions qu'elle a remises comme prévu le 30 septembre au Premier ministre, à la demande de ce dernier, afin d'accélérer la mise en œuvre du plan national d'adaptation au changement climatique. "Cette ambition se traduira dès l'an prochain à travers quatre leviers : le fonds vert ; la forêt ; notre capacité à prévenir les risques et à anticiper les événements extrêmes ; un changement d'échelle dans le financement de l'adaptation." 

S'agissant de ce dernier, la ministre esquisse deux pistes : "D'abord généraliser un réflexe adaptation dans les investissements publics" ; "ensuite mobiliser davantage les financements de long terme, et notamment l'épargne des Français". Et de préciser travailler à "mieux utiliser le fonds d'épargne géré par la Caisse des Dépôts […] qui permet à la Banque des Territoires de financer des investissements sur plusieurs décennies". Et de souligner que "nous ne partons pas de rien. La Banque des Territoires a prévu de consacrer 5,5 milliards d'euros à l’adaptation entre 2024 et 2028. Et dans le domaine de l’eau, l’enveloppe d’Aquaprêts a été portée cet été de 4 à 6 milliards d'euros d’ici 2028 […]. Notre objectif est donc désormais d’amplifier cette logique pour que le financement de l’adaptation ne repose pas uniquement sur de nouvelles dépenses budgétaires, dans un contexte budgétaire très contraint, mais sur l’ensemble de notre capacité d’investissement public et privé".

 

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