Les collectivités sont redevenues les premiers financeurs du sport

Les collectivités territoriales sont redevenues en 2022, après deux années marquées par la crise sanitaire, les premiers financeurs du sport en France. Le bloc communal représente plus de 90% des dépenses sportives des collectivités. 

Les dépenses sportives des collectivités territoriales sont bien reparties à la hausse après la période Covid et figurent de nouveau devant celles de l'État, nous apprend la fiche-repères "Poids économique du sport en 2022", publiée par l'Injep (Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire) le 18 février. 

Globalement, le financement public du sport en 2022 a même dépassé le niveau d'avant la crise sanitaire, avec une hausse 11% en euros courants par rapport à 2019. L'État et les collectivités ont ainsi dépensé 15,7 milliards d'euros en 2022 en faveur du sport, soit 0,6 point de PIB.

Pour sa part, l'État contribue pour 48% aux dépenses publiques en faveur du sport, soit 7,6 milliards d'euros en 2022. On remarque donc qu'il redevient minoritaire alors que sa part avait été de 52% en 2021 et de 51% en 2020, deux années marquées par la crise sanitaire. Ce montant repose en très grande partie (83% du total) sur la rémunération des enseignants d'éducation physique et sportive dépendant des administrations de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur, soit 6,3 milliards d'euros. Le solde correspondant aux dépenses du ministère des Sports et de l'Agence nationale du sport (1,3 milliard).

Des dépenses publiques historiquement hautes

De leur côté, les administrations publiques locales (Apul), c'est-à-dire essentiellement les collectivités territoriales, ont dépensé 8,2 milliards en faveur du sport en 2022, soit 52% de la dépense publique du secteur. Dans cet ensemble, le bloc communal représente 7,5 milliards d'euros des dépenses, soit 48% du total des dépenses publiques et 92% du total des dépenses des collectivités territoriales. Avec 0,7 milliard de dépenses, les conseils régionaux et conseils départementaux ne totalisent que 4% des dépenses publiques pour le sport.

Les données de l'Injep nous renseignent également sur le niveau historiquement haut des dépenses publiques en faveur du sport, tous acteurs confondus. Avec ses 7,5 milliards d'euros de dépenses, le bloc communal est bien au dessus des 7,1 milliards de 2019, son précédent record. Sur dix ans, la hausse le concernant est même de 10%. À leur niveau, les départements et régions sont passés de 0,4 milliard d'euros lors des trois années précédentes à 0,7 milliard (+75%), et sur dix ans, leurs dépenses sportives ont crû de 133%. L'État n'est pas en reste avec 29% de hausse des dépenses en faveur du sport sur dix ans et, surtout, une augmentation constante année après année, y compris lors de la crise sanitaire, contrairement aux collectivités.

Les investissements en tête des dépenses

L'Injep précise par ailleurs la structure des dépenses des collectivités territoriales en faveur du sport. Celles-ci vont d'abord à l'investissement, pour 40%, puis aux rémunérations des personnels (24%) et aux dépenses courantes (22%).

Les autres dépenses sportives en France, nous apprend encore l'Injep, sont en très grande partie assurées par les ménages : 25,9 milliards d'euros répartis en biens (vêtements, chaussures, articles de sport, cycles, etc.), services (cotisations aux clubs) et location de biens et achat de billets pour des événements sportifs.