Extension de la période de chasse au cerf : le gouvernement n'a "pas tranché"
La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a indiqué ce 14 mars n'avoir "pas tranché" sur une possible extension de la période de chasse au cerf, envisagée pour réduire les dégâts agricoles et forestiers mais contestée par les défenseurs de l'environnement. "Pour être claire, je n'ai pas tranché aujourd'hui, mais ce que je sais, c'est que j'ai un problème et j'ai des solutions qui sont testées actuellement auprès des différentes parties prenantes", a-t-elle dit à des journalistes en marge d'un déplacement consacré aux forêts à Auberive en Haute-Marne.
Le gouvernement avait ainsi mis en consultation jusqu'à ce 13 mars un projet de décret qui permettrait d'avancer au 1er juin la chasse au cerf élaphe (ou cerf d'Europe), sous conditions, contre le 1er septembre au plus tôt actuellement. "Les densités de cerfs trop fortes peuvent conduire au surpâturage et provoquer des dégâts agricoles et forestiers importants", justifie le gouvernement dans ce document. Les populations, en progression constante, occupent le tiers de la superficie forestière nationale, note la même source.
"On a trop de cervidés. Les cervidés sont taquins, ils boulottent ... une replantation sur deux", a observé Agnès Pannier-Runacher lors d'une table ronde. "Quand vous voulez faire un milliard d'arbres et que vous vous retrouvez avec 500 millions d'arbres, il y a un léger problème donc il va falloir gérer cela", a-t-elle commenté, en référence au plan gouvernemental de replantation d'arbres.
Le projet de décret a toutefois suscité une forte opposition des associations de défense de l'environnement. "Cette nouvelle extension de période de chasse accentuerait le dérangement de la faune sauvage en pleine période de reproduction et de dépendance des jeunes, tout en encourageant l'usage d'armes à feu à une époque de l'année où les promeneurs sont les plus nombreux dans la nature", critique ainsi la LPO.
La ministre a reconnu la nécessité de concilier à la fois une "perception d'un risque" et l'attachement à des "espèces fort aimables" avec "une réalité, c'est-à-dire un peuplement de cervidés qui a énormément progressé et des chasseurs qui, au plan national, ne réalisent que 73% de leur plan de chasse". "Ce sera un des enjeux du Comité de l'équilibre sylvo-cynégétique", a-t-elle dit. Composé de représentants des propriétaires forestiers et des chasseurs, ce comité, qui se réunira la semaine du 17 mars, est notamment chargé d'établir un bilan des dégâts de gibier.