Spectacle vivant : l'Île-de-France domine la scène française
Selon une étude du ministère de la Culture, la billetterie et les recettes du spectacle vivant ont connu une hausse en 2023. À l'exception des festivals, la région parisienne concentre la majorité de l'offre.

© Serge Ottaviani CC BY-SA 4.0
200.000 représentations sur un an – un chiffre stable –, 62 millions de spectateurs, 2,1 milliards d'euros de recettes. Tel est le bilan chiffré du spectacle vivant en France pour l'année 2023, selon une étude du ministère de la Culture récemment mise en ligne. Pourtant, derrière ces chiffres impressionnants, les différentes disciplines qui forment le spectacle vivant et les territoires qui les accueillent connaissent des réalités très diverses.
La musique attire plus
"Théâtre, cirque, musique, danse ou encore comédies musicales… le spectacle vivant, deuxième secteur culturel en matière de poids économique après l'audiovisuel, couvre une large variété de domaines esthétiques", rappellent les auteurs de l'étude. Parmi une vingtaine de types de spectacles répertoriés, le théâtre se taille la part du lion, avec 89.551 représentations sur l'année 2023, soit 44% du total. La musique suit, avec 45.028 représentations (22%). Les spectacles d'humour tirent leur épingle du jeu (24.821 représentations et 12% du total), tandis que la danse compte pour seulement 4,3% du total (8.832 représentations) et que les arts de la rue (0,2%) sont quasiment invisibles.
En termes de billetterie et de recettes – respectivement en hausse et 7% et 8% par rapport à 2022 –, la hiérarchie s'inverse entre théâtre et musique. En 2023, on a compté 13,2 millions de billets de théâtre, contre 30,3 millions pour l'ensemble des spectacles musicaux (hors comédies musicales). En termes de recettes, la musique écrase tout, avec près de 1,2 milliard d'euros (57% du total), loin devant les 276 millions d'euros du théâtre. Pourquoi une telle différence ? Selon les auteurs, elle s'explique par des salles de plus petite jauge pour le théâtre, qui compte en moyenne 147 spectateurs par spectacle, quand les concerts de musique rassemblent en moyenne 672 spectateurs... et la danse classique un peu plus de 1.000.
Le secteur commercial en tête
Autre angle intéressant de l'étude : les structures porteuses de la programmation du spectacle vivant. Les établissements publics nationaux (EPN), souvent situés à Paris, cumulent 4.100 représentations en 2023 et près de 2,5 millions de spectateurs. Le réseau soutenu par l'État et des collectivités territoriales – qui comprend plus de 400 scènes labellisées et autres appellations délivrées par le ministère de la Culture à des scènes publiques – cumule plus de 34.000 représentations pour un total de 8,4 millions de billets.
Les autres acteurs du spectacle vivant se répartissent entre les "autres organismes publics" (20.483 représentations et 5,4 millions de billets) et le secteur associatif (37.997 représentations et 9,5 millions de billets). Enfin, le secteur commercial demeure leader du secteur avec la moitié des représentations de spectacle vivant (105.344 en 2023), 57% des billets (35,4 millions) et 71% des recettes (1,5 milliard d'euros).
On note toutefois que les organismes publics enregistrent la hausse de billetterie la plus importante sur un an (+16%, contre +13% pour les associations et +10% pour les sociétés commerciales). En ce qui concerne plus particulièrement l'activité des EPN, labels et appellations, l'année 2023 a représenté un retour à la normale après la crise sanitaire en termes billetterie été de recettes.
Près de la moitié des recettes pour l'Île-de-France
Dernier grand panorama dressé par l'étude : celui de la géographie du spectacle vivant. Ici, l'écart est abyssal entre la région Île-de-France – qui concentre 44% de l'offre globale de spectacles et 63% de l'offre privée – et le reste de la France. En 2023, la région parisienne a hébergé 89.000 représentations auxquelles ont assisté 24 millions de spectateurs, le tout pour 973 millions d'euros de recettes, soit 47% des recettes de l'ensemble des spectacles en France.
Derrière l'Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes a accueilli 21.635 représentations (11% du total), Provence-Alpes-Côte d'Azur, 16.616 (8%) et l'Occitanie, 13.309 (7%). Pour expliquer l'écart entre l'Île-de-France et les autres régions, les auteurs pointent "la concentration exceptionnelle de spectacles diffusés par des sociétés commerciales dans la région capitale" : 63% des représentations déclarées par le secteur privé lucratif en 2023 ont eu lieu en Île-de-France. Mais si l'on s'en tient aux représentations données par les structures du réseau des EPN, labels et appellations, l'Île-de-France ne compte que pour 21% du total, devant la Nouvelle-Aquitaine (12%) et Auvergne-Rhône-Alpes (11%).
La prédominance de l'Île-de-France en matière d'accueil du spectacle vivant est enfin battue en brèche dans un domaine : les festivals, qui ont totalisé 24.236 représentations en 2023, soit 12% de l'offre. Dans cet ensemble, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse réunies cumulent 8.531 représentations, devant l'Occitanie (2.321) et l'Île-de-France (2.096). En matière de billetterie des festivals, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse (1,48 million de billets) devancent la Bretagne (1,39 million). Mais l'Île-de-France reprend la tête pour les recettes liées aux festivals (plus de 51 millions d'euros), devant l'Occitanie (45 millions).